Indemnités kilométriques : le guide complet

Mis à jour le 22 octobre 2026 · Chaque règle renvoie à sa source officielle

Les indemnités kilométriques (IK) compensent les frais d’un véhicule personnel utilisé pour des déplacements professionnels. Elles se calculent avec un barème publié chaque année par l’administration fiscale, selon la puissance fiscale du véhicule et les kilomètres professionnels parcourus dans l’année. Elles servent à deux choses : être remboursé sans charges par son employeur ou sa société, ou déduire ses frais de son revenu imposable.

L’essentiel en quatre points

  1. Le véhicule doit être le vôtre, celui de votre conjoint ou d’un membre de votre foyer fiscal.
  2. Le barème s’applique au total annuel de chaque véhicule, pas trajet par trajet.
  3. Un véhicule 100 % électrique donne droit à 20 % de plus.
  4. Sans justificatifs des déplacements et des kilomètres, l’avantage peut être perdu.
  5. Calculer mes indemnités

Qu’est-ce qu’une indemnité kilométrique ?

Derrière le même mot se cachent deux mécanismes qui reposent sur le même barème fiscal.

Le remboursement par l’employeur

Quand un salarié doit utiliser son véhicule personnel pour son travail, l’employeur peut lui verser des indemnités kilométriques. Dans la limite du barème fiscal, elles sont exonérées de cotisations sociales, selon l’URSSAF. Le texte de référence est désormais l’arrêté du 4 septembre 2025 sur les frais professionnels, qui remplace celui du 20 décembre 2002.

La déduction aux frais réels

Le salarié qui n’est pas remboursé, ou pas entièrement, peut déclarer ses frais réels au lieu de l’abattement de 10 %. Il peut alors évaluer ses frais de véhicule avec le barème kilométrique (article 83 du Code général des impôts). Le barème est une possibilité, pas une obligation : on peut aussi déclarer ses dépenses réelles, factures à l’appui.

Comment se calcule une indemnité kilométrique ?

Trois éléments suffisent :

  1. La catégorie du véhicule : voiture, moto de plus de 50 cm³ ou cyclomoteur. Chacune a son propre tableau.
  2. La puissance fiscale, en chevaux fiscaux (CV), indiquée sur la carte grise. Pour les voitures, le barème s’arrête à « 7 CV et plus ».
  3. Les kilomètres professionnels de l’année, pour ce véhicule. Ils déterminent la tranche du barème.

Chaque tranche donne une formule du type « distance × taux », parfois plus un forfait. L’URSSAF donne cet exemple : un salarié avec une voiture de 5 CV qui a parcouru 5 800 km professionnels en 2025 reçoit (5 800 × 0,357) + 1 395 = 3 465,60 € d’indemnités, exonérées de cotisations s’il peut justifier ses déplacements.

Pour une voiture, une moto ou un cyclomoteur 100 % électrique, le montant total est majoré de 20 %. Les hybrides, y compris rechargeables, n’en bénéficient pas.

Le barème n’est pas linéaire : le taux baisse quand la distance augmente. Additionner un montant par trajet donne donc un résultat faux. Le calcul se fait sur le cumul annuel, véhicule par véhicule. Le simulateur IK applique cette règle.

Qui peut utiliser les indemnités kilométriques ?

La réponse dépend de votre statut. Les règles ci-dessous résument les textes officiels ; votre expert-comptable reste le bon interlocuteur pour votre cas précis.

Salarié remboursé par son employeur

C’est le cas le plus simple. L’employeur peut verser des IK quand le salarié est obligé d’utiliser son véhicule personnel, par exemple pour une formation ou une visite chez un client. Dans la limite du barème, elles échappent aux cotisations sociales, et l’article 81 du CGI exonère d’impôt les allocations utilisées conformément à leur objet.

Il faut pouvoir prouver le déplacement, le nombre de kilomètres et présenter la carte grise. Au-delà du barème, l’URSSAF soumet le surplus à cotisations, dès le premier euro si l’employeur ne justifie pas les frais réellement engagés.

Salarié aux frais réels

  • Vous renoncez à l’abattement forfaitaire de 10 % pour déclarer vos frais réels. Le choix est individuel dans le foyer fiscal, mais porte sur l’ensemble de vos salaires.
  • Vous déclarez le total sur la ligne « frais réels » et détaillez vos frais dans une note annexe.
  • Les indemnités et remboursements déjà versés par votre employeur s’ajoutent alors à votre rémunération imposable.
  • Les justificatifs ne se joignent pas à la déclaration : service-public.fr indique de les conserver pendant 3 ans.

Les frais réels valent le coup quand ils dépassent l’abattement de 10 %, dont le minimum et le maximum sont fixés chaque année.

Président de SAS ou SASU, gérant minoritaire de SARL

Ces dirigeants sont « assimilés salariés ». À la lettre, l’URSSAF prévoit que leurs frais professionnels sont évalués d’après leur valeur réelle, et non par allocations forfaitaires. Le Bulletin officiel de la Sécurité sociale (BOSS) admet toutefois, à titre de simplification, qu’ils bénéficient des indemnités kilométriques selon les mêmes règles que les salariés.

Côté impôt, l’article 80 ter du CGI soumet à l’impôt sur le revenu les allocations forfaitaires versées aux dirigeants. Le traitement exact des IK calculées au barème sur des kilomètres justifiés est à valider avec votre expert-comptable.

Gérant majoritaire de SARL et dirigeant non salarié

Pour les dirigeants relevant du régime des non-salariés, l’URSSAF indique que les remboursements par allocations forfaitaires ne s’appliquent pas. Côté impôt, l’article 62 du CGI range les remboursements forfaitaires de frais dans la rémunération imposable, déterminée selon les règles des traitements et salaires. La bonne façon de traiter vos kilomètres dépend de votre société et de son régime fiscal : voyez-la avec votre comptable.

Entrepreneur individuel en BNC (professions libérales)

  • Vous pouvez opter pour le barème kilométrique pour vos voitures et deux-roues motorisés, qu’ils soient personnels, loués plus de 3 mois ou en crédit-bail.
  • L’option se prend avant le 1er janvier, vaut pour toute l’année et pour tous les véhicules utilisés à titre professionnel. Elle est réputée prise quand les dépenses de véhicule ne figurent pas dans vos charges.
  • Avec un véhicule loué, les loyers ne se déduisent pas en plus.
  • Les véhicules spécialement aménagés pour l’activité (taxi, tracteur…) restent au réel.

Entrepreneur individuel en BIC

Les fiches officielles prévoient pour lui un barème carburant, en comptabilité super-simplifiée, et non le barème kilométrique. Si vous êtes dans ce cas, faites le point avec votre comptable avant de raisonner en IK.

Micro-entrepreneur

Le régime micro calcule le bénéfice imposable en appliquant au chiffre d’affaires un abattement forfaitaire censé couvrir les charges : les charges réelles ne sont pas déduites. Les frais de véhicule sont donc déjà pris en compte par cet abattement, et les IK ne se déduisent pas en plus. Suivre ses kilomètres reste utile pour comparer avec un passage au réel.

Bénévole d’association

Les frais de véhicule engagés pour une association peuvent ouvrir droit à une réduction d’impôt, si vous renoncez par écrit à leur remboursement et que l’association les inscrit dans ses comptes (article 200 du CGI). Faute de justificatifs de dépenses, ils sont évalués avec le barème des salariés, majoré de 20 % pour un véhicule électrique. L’association vous remet un reçu fiscal.

Quels véhicules sont concernés ?

  • Votre véhicule, ou celui de votre conjoint ou d’un membre de votre foyer fiscal.
  • Un véhicule prêté gratuitement, si vous justifiez prendre en charge votre part des frais.
  • Un véhicule loué : le loyer est couvert par le barème, il ne s’ajoute pas.
  • Un véhicule de société : les IK reposent sur l’usage d’un véhicule personnel ; un véhicule de l’entreprise relève d’autres règles (avantage en nature). Pour choisir entre les deux, lisez notre comparatif véhicule de société ou indemnités kilométriques.
  • Motos et cyclomoteurs ont leurs propres tableaux, avec des tranches plus courtes que les voitures.
  • Vélo et trottinette : il n’existe pas de barème fiscal. Pour le trajet domicile-travail, l’employeur peut verser le forfait mobilités durables, exonéré jusqu’à 600 € par an selon l’URSSAF.

Avec plusieurs véhicules, on ne cumule pas les kilomètres : chaque véhicule a son propre total annuel et sa propre ligne de barème.

Trajets domicile-travail : la règle des 40 km

Aux frais réels, les trajets entre le domicile et le lieu de travail comptent. L’article 83 du CGI admet les frais pour une distance de moins de 40 km ; au-delà, seuls les 40 premiers kilomètres sont retenus, sauf circonstances particulières liées notamment à l’emploi.

Les fiches officielles en donnent des exemples : une mutation à la suite d’une promotion, le déménagement de l’entreprise, ou la proximité d’un établissement spécialisé qui accueille un enfant handicapé. Côté employeur, des IK peuvent être versées pour ce trajet si le salarié est contraint d’utiliser son véhicule.

Ce que l’indemnité couvre, et ce qui s’ajoute

Le barème est un forfait qui couvre la dépréciation du véhicule, l’entretien et les réparations, les pneus, le carburant ou l’électricité, l’assurance et, pour un véhicule loué, le loyer. Rien de tout cela ne se déduit en plus.

S’ajoutent en revanche, sur justificatifs : les péages, le stationnement et les frais de garage, ainsi que les intérêts d’un emprunt pour acheter le véhicule, au prorata de l’usage professionnel. En covoiturage, seule la part des frais qui reste à votre charge compte.

Quels justificatifs garder ?

C’est le point qui fait tomber le plus d’indemnités en cas de contrôle. Les sources officielles demandent :

  • la preuve des déplacements professionnels (rendez-vous, missions, clients visités) ;
  • le nombre de kilomètres : l’URSSAF parle d’un état précisant les kilomètres parcourus par jour ;
  • la carte grise, qui établit la puissance fiscale et la propriété du véhicule ;
  • les factures des péages et du stationnement que vous ajoutez.

Sans pièce justificative, l’URSSAF réintègre les indemnités dans l’assiette des cotisations. Aucun texte n’impose de modèle de relevé : un carnet de bord tenu au fil de l’eau, avec la date, le trajet, la distance et le motif, est la façon la plus simple d’avoir tout sous la main. Téléchargez notre modèle gratuit de carnet de bord.

Le calendrier des indemnités kilométriques

  • Le barème est publié au printemps pour l’année qui vient de s’écouler. Le « barème 2026 », publié le 9 avril 2026, s’applique aux revenus 2025. Il n’a pas été revalorisé depuis 2023.
  • La déclaration de revenus s’ouvre en avril et se termine fin mai ou début juin selon votre département.
  • Entrepreneur en BNC : l’option pour le barème se décide avant le 1er janvier de l’année concernée.
  • Le barème des revenus 2026 n’est pas encore paru. En attendant, on estime avec le dernier barème officiel.

Les erreurs les plus fréquentes

  1. Additionner un montant par trajet au lieu de calculer sur le total annuel.
  2. Cumuler les kilomètres de plusieurs véhicules dans un seul calcul.
  3. Appliquer la majoration électrique à un hybride rechargeable.
  4. Déduire le carburant, l’assurance ou le loyer en plus du barème.
  5. Oublier de réintégrer les IK de l’employeur quand on passe aux frais réels.
  6. Retenir tout un trajet domicile-travail de plus de 40 km sans justification.
  7. Reconstituer ses kilomètres de mémoire en fin d’année, sans relevé.

Questions fréquentes

Les indemnités kilométriques sont-elles imposables ?

Versées à un salarié dans la limite du barème et pour des déplacements justifiés, elles sont exonérées de cotisations et d’impôt. Pour un dirigeant, les règles diffèrent selon le statut : voyez la section Qui y a droit.

Peut-on cumuler indemnités kilométriques et frais réels ?

Pas pour les mêmes kilomètres. Si vous passez aux frais réels, les IK versées par l’employeur s’ajoutent à votre revenu imposable, puis vous déduisez vos frais.

Faut-il une application pour suivre ses kilomètres ?

Non, un carnet suffit s’il est tenu au jour le jour. Une application comme Vekilys relève les trajets automatiquement, applique le barème au bon cumul et prépare un relevé, ce qui évite les oublis et la reconstitution de fin d’année.

Quel barème utiliser pour un véhicule électrique ?

Le barème ordinaire de sa catégorie, avec un montant majoré de 20 % s’il est 100 % électrique.

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Sources

Consultées le 22 octobre 2026.

Ce guide résume des règles générales. Il ne remplace pas l’avis d’un expert-comptable sur votre situation.